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Depuis plusieurs mois déjà, nous avons décidé de ne plus faire évoluer le site www.novorga.fr, constatant que la société n'est pas prête à se confronter aux crues réalités de sa condition. Aveuglés par un environnement médiatique et culturel qui empêche toute réflexion critique, les travailleurs-consommateurs se vouent sans retenue à leur servitude insensée, se posant leurs propres chaînes sans oser affronter les causes de leur misère.

Notre espoir se fonde désormais sur les conséquences catastrophiques qui nous fracasseront à très brève échéance contre les murs politiques, économiques et environnementaux, impasses qui ouvriront, tardivement certes, les yeux d'une société aux abois. Il ne nous semble donc plus nécessaire de nous exprimer tel un Don Quichotte vertueux. Le cataclysme proche fera son œuvre.

Dans les jours à venir, nous mettrons fin définitivement aux publications de notre site. Nous remercions les rares intervenants qui nous ont soutenu dans cette aventure et les invitons à rester vigilants et à poursuivre leur lutte contre les pouvoirs.

Merci !

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Tous les gouvernements de la République se disent au service de la population, leurs électeurs. Mais les stratégies politiques ne se fondent guère sur les aspirations des peuples à plus de « liberté », « d'égalité » et de « fraternité ». Elles ne s'orientent strictement qu'en fonction des succès que promettent des classes sociales, déterminées notamment par leur nombre et leur capacité à soutenir un candidat prêt à tout pour saisir ou garder le pouvoir. La classe sociale la plus prometteuse est constituée par celle dite moyenne, un qualificatif suffisamment flou pour ne pas avoir à cibler les populations concernées, et suffisamment valorisant pour inviter des travailleurs précaires dans un contingent social mis en exergue par tous les pouvoirs. Pourquoi donc ces pouvoirs concentrent-ils tous leurs efforts exclusivement vers les classes moyennes ? Parce qu'elles constituent un mirage véhiculé par un pouvoir d'achat qu'on leur concède grâce à l'endettement et un emploi qui leur est encore préservé. Ainsi, si le chômage et l'emploi précaire concernent massivement les classes inférieures, celles-ci, par le mirage étayé en continu dans les médias, croient en la capacité du pouvoir politique de les faire évoluer socialement pour leur permettre de participer aux joies matérialistes de la classe moyenne. C'est autant d'électeurs potentiels qu'il faut plonger dans l'illusion d'un modèle social, miroité par un fantasme médiatique et politique qui prend ses racines dans la société des trente glorieuses, un cadavre qu'il faut revitaliser en permanence. L'attrait du beau, de la belle vie, promise dès lors que l'on passe le seuil de la classe moyenne, pousse des électeurs trompés à installer le meilleur menteur sur le trône de leur perdition.

Nous sommes très loin de méthodes telles qu'affichées par José Mujica, 40ème président de la République d’Uruguay qui se distingue par la sobriété exemplaire de son train de vie et qui a terminé son mandat en 2015 en laissant un pays avec une économie tout à fait satisfaisante, avec une stabilité sociale que jalousent les pays voisins. C'est avec une sorte de considération hautaine que l'on s'amuse d'un président apparemment incapable de se saisir des fastes de sa République. Ne peut être président digne de sa fonction qu'un homme dont l'apparat, néanmoins civil, confère, par sa prestance, à la solennité des monarchies d'autrefois. Fiers d'éclairer le monde de nos soi-disant Lumières démocratiques, nous brillons désormais par des mesures liberticides qui rappellent celles mises en œuvres aux heures les plus sombres de notre histoire. Ces mesures ne sont pas celles d'un pouvoir qui cherche à se faire plus autoritaire sous la menace d'un peuple prêt à prendre les armes. Ces mesures servent les intérêts de la classe moyenne, menacée directement dans son « way of life » à la française par des pouvoirs mus par l'Islam et la pauvreté de peuples étrangers qui réclament mieux que la survie. Il faut absolument préserver l'illusion d'une vie sociale apaisée, soutenue par un capitalisme qu'on pense indispensable à la réalisation de ce rêve.

Les massacres et les misères sociales de pays lointains, dont nous abreuvent abondamment les médias, ne sont que des images, certes insoutenables, mais des images tout de même, à l'instar de celles dont on se sert à rendre réaliste des jeux électroniques virtuels aussi violents qu'innocents. Si ces massacres doivent rester une image, une sorte d'innocence naïve qui ne doit jamais se transformer en dure réalité dans un monde où le capitalisme ne peut se réaliser que dans la paix, la classe moyenne doit rester convaincue que le pouvoir fera tout pour préserver l'illusion d'un monde enchanteur. Les moyens les plus répressifs et coercitifs sont autorisés dès lors que la classe moyenne reste encore persuadée que l'action politique au sein d'un gouvernement, de quelque bord qu'il soit, est garante de la sécurité et de la tranquillité publique. Ce clientélisme, typique de la social-démocratie au pouvoir, est corollaire à celui d'un parti socialiste qui n'a cessé de promouvoir la « diversité » pour récolter des voix dans les classes sociales inférieures. Ses efforts d'intégration ayant échoué, les populations concernées, qui ne sont d'ailleurs pas forcément issues de ladite diversité, versent désormais dans un nihilisme dont se saisissent des pouvoirs autrement plus intéressés. Le rêve d'une abondance matérialiste étant terminé, les populations jeunes, perdues dans une société qui ne leur réserve plus aucun avenir, refusent la déchéance et préfèrent se battre, avec les armes s'il le faut, pour des causes qui ne sont même pas forcément les leurs, mais qui se confrontent tout autant à la pauvreté dans son approche sociale. Que ce soit pour Dae'ch ou pour Al Quaida, la rage d'une revanche permet tous les excès.

Dans cette configuration, il ne suffit pas de prendre des mesures impopulaires quoique protectrices. Confronté à des hordes guerrières qui exècrent le système capitaliste des mécréants, le pouvoir n'hésite pas à marquer sa détermination en se lançant dans une spirale guerrière qui fait le jeu de l'oncle Sam. Se plaçant ainsi sur la scène internationale, il est tentant de briller aux yeux d'un monde vacillant. A l'image des risques auxquels s'expose l'actuel président de la République, Nicolas Sarkozy a succombé à la même tentation. A la surprise de tous les dirigeants du monde occidental, ce président s'est illustré par une initiative iconoclaste consistant à s'allier à Mouammar Kadhafi avec l'intention de constituer une grande alliance méditerranéenne. Le malheureux stratège, imbu de sa personne et sans doute mal conseillé, n'a pas compris qu'il n'était nullement dans l'intention du guide révolutionnaire, artisan de la grande Jamahiriya arabe libyenne, de participer à cette alliance, en contradiction totale avec ses ambitions d'une union des pays africains. La signature de grands contrats militaires avec ce nouvel allié en début de mandature, s'est soldé par des attaques meurtrières contre la Libye en fin de mandature, attaques meurtrières évidemment pour une population victime d'élucubrations entre pouvoirs incompatibles, mais attaques meurtrières qui ont également conduit à la mort d'un homme intègre, dès lors identifié comme un dictateur. On connaît la suite, les avertissements proférées par Kadhafi au sujet des invasions migratoires se sont bien réalisées. L'instabilité folle de toute la zone arabe constitue aujourd'hui une menace qui a les traits d'une blessure irréparable. L'arrogance d'un monde dit civilisé face aux « barbares » n'a d'égal que l'intransigeance de pouvoirs au service de l'argent. Toute opposition ne peut se concevoir autrement qu'à travers un conflit de sociétés, voire de civilisations, exposées dès lors aux plus cruelles réponses d'un système qui ne sert finalement qu'une oligarchie politique et économique. Les peuples n'ont rien à dire, ni à savoir. Ils subissent totalement et irrémédiablement.

Les mécanismes qui imposent les réflexes clientélistes des pouvoirs sont en contradiction avec les principes des Lumières. Si la Ve République pouvait justifier pour un temps un pouvoir taillé sur mesure aux dimensions de Charles de Gaulle, elle n'aurait jamais du survivre à ses successeurs, car il ne leur a pas échappé que les règles constitutionnelles permettaient de s'attacher un pouvoir parlementaire, certes, mais qui, par de nombreuses exceptions, lui confère une réalité monarchique, leurre d'une démocratie en phase terminale. Si la classe moyenne demeure la cible privilégiée des pouvoirs pour leur permettre l'accès aux fonctions éminentes, elle reste, au même titre que les autres classes sociales, aliénée à un système politique qui leur refuse toute véritable participation. Le peuple, dans son ensemble, n'a pas intérêt à promouvoir un système politique qui, par bien des aspects, montre un visage monarchique, voire dictatorial. Comment considérer un système politique qui impose une loi Travail régressive, une mise sous verrou d'une société sécurisée, une condamnation de tenues libres en publique inspirée par la religion, en opposition frontale avec l'esprit de tolérance émanant de l'esprit de la laïcité ? Comment considérer autrement l'application devenue systématique des dispositions de l'article 49-3 de la Constitution sinon que comme une mesure qui, sous couvert d'un parlementarisme singeant la démocratie, permet au pouvoir de décider contre son peuple ? Quand la démocratie ne figure déjà plus comme un idéal politique aux yeux d'un peuple qui a décidé de ne plus voter, le pouvoir dépasse ses intentions par un autoritarisme qui lui donne un visage qu'il ne semblait pas possible d'identifier en France. Pourtant, les faits sont irréfutables, l'autoritarisme règne et les candidats potentiels s'attèlent à la course au plus répressif, ne nous laissant plus que le choix de notre prochain dictateur...

 

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