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Depuis plusieurs mois déjà, nous avons décidé de ne plus faire évoluer le site www.novorga.fr, constatant que la société n'est pas prête à se confronter aux crues réalités de sa condition. Aveuglés par un environnement médiatique et culturel qui empêche toute réflexion critique, les travailleurs-consommateurs se vouent sans retenue à leur servitude insensée, se posant leurs propres chaînes sans oser affronter les causes de leur misère.

Notre espoir se fonde désormais sur les conséquences catastrophiques qui nous fracasseront à très brève échéance contre les murs politiques, économiques et environnementaux, impasses qui ouvriront, tardivement certes, les yeux d'une société aux abois. Il ne nous semble donc plus nécessaire de nous exprimer tel un Don Quichotte vertueux. Le cataclysme proche fera son œuvre.

Dans les jours à venir, nous mettrons fin définitivement aux publications de notre site. Nous remercions les rares intervenants qui nous ont soutenu dans cette aventure et les invitons à rester vigilants et à poursuivre leur lutte contre les pouvoirs.

Merci !

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C’est un ensemble de facteurs convergents qui produit auprès des classes dominées ce réflexe d’une soumission au « devoir citoyen », celui consistant à élire une sorte de chef suprême, une suprématie que la fonction républicaine tente d’effacer devant une réalité monarchique. Alors que l’intérêt de ces élections est soutenu par toutes sortes d’artifices médiatiques et bien que le rôle des prétendants à la fonction régalienne se fait de plus en plus discutable, ils seront nombreux à croire encore que leur choix, matérialisé par un bulletin occasionnel dans une urne tout aussi occasionnelle, constitue l’ultime possibilité de faire valoir leur aspiration à une amélioration de leur condition. Pourtant, même si le spectacle pitoyable de pantins politiques confirme déjà le mépris des élites pour le peuple, ce dernier n’échappe pas à la tentation ni d’assister assidûment à la comédie médiatique, ni de participer à un processus dit démocratique et qui n’est que tromperie à grande échelle. Il ne suffit pas de l’emprise bourgeoise sur un ordre républicain pour maîtriser la populace, la conscience d’une aliénation de masse est sans cesse refrénée pour faire croire que tout autre modèle serait risqué, sinon irrémédiablement voué à l’échec. Combien de chômeurs faut-il encore ? Combien de travailleurs pauvres faut-il encore ? Combien de malheurs pouvons-nous encore tolérer pour continuer à imaginer que tout autre système politique que cette démocratie-là risquerait d'être pire que celle que nous subissons. Une dictature serait pire ? Nous y sommes déjà par la confiscation du pouvoir populaire au profit d’une oligarchie économique. Puisque nous n’avons plus rien à dire, avons-nous quelque chose à perdre ?

C’est un lieu commun que d’affirmer sa responsabilité citoyenne pour exercer un droit qui n’a pourtant aucune valeur. Estimer peser en quoi que ce soit sur les orientations politiques de la nation, c’est ignorer le funeste stratagème consistant pour l’oligarchie politique, et cela dès la naissance de notre système dit démocratique, à ne jamais intégrer le peuple dans les décisions politiques. Les propos de l’historien Henri Guillemin sont éclairants à ce sujet. C’est Adolphe Thiers (1797-1877), ce partisan de la monarchie constitutionnelle par laquelle « le roi règne, mais ne gouverne pas » qui, cherchant à rassurer la caste qu’il représente, évoque l’intérêt du système républicain. Si dans un cadre strictement monarchique, le roi devait supporter la colère de son peuple lorsque celui-ci venait à se révolter, il en est tout autre dans un cadre républicain. Non seulement le roi, c’est-à-dire le représentant de la fonction présidentielle de l'actuelle Ve République, est protégé de cette colère, mais c’est en même temps sa cour, le gouvernement, les députés, les sénateurs, qui n’auraient pas à affronter la guillotine de 1793. Comment pourraient-ils être tenus responsables personnellement pour des décisions qui relèvent d’une démocratie, c’est-à-dire de la volonté au moins prétendue du peuple, en réalité la volonté des notables, tandis que le roi décide unilatéralement tel un dieu ? Comment pourrait-on évoquer la responsabilité personnelle de gouvernants qui ne font que déléguer le pouvoir populaire, pouvoir reçu par le biais d’une élection ?

Sauf que ce pouvoir démocratique que l’on attribue au peuple n’est jamais exercé et ce n’est pas l’élection, ni même le référendum qui suffiraient à rendre au peuple un pouvoir qui lui est traditionnellement confisqué. Déjà sous l’Ancien Régime, la composition du tiers état ne reflétait nullement celle du peuple dans le pays. Aujourd’hui encore, et cela avec une rigueur qui suit fidèlement la tradition héritée de la monarchie, les élus de la nation ne sont nullement représentés par des chômeurs, des travailleurs précaires, des ouvriers, des petits commerçants, mais par de riches entrepreneurs, des médecins, des avocats, des ingénieurs, des dirigeants de la fonction publique. Leur métier politique est exercé avec une permanence et une longévité qui ferait pâlir n’importe quel travailleur, soumis lui à la loi du marché, c’est-à-dire risquant chaque jour son poste pour affronter la misère. Les faiblesses humaines s’exerçant tout naturellement, l’oligarchie politique se donne évidemment tous les moyens pour perdurer personnellement dans une fonction dont il justifiera la nécessaire pérennité par l’exercice consciencieux de la délégation démocratique. C’est pour le bien du peuple que nos élites sacrifient de leur temps à la cause républicaine. Nous n’évoquerons pas les privilèges associés à la fonction de représentant du peuple. À eux seuls, ils justifieraient déjà la remise en cause d’une démocratie d’apparat. Mais c’est aussi la permanence des acteurs politiques qui choque quand on observe que ces privilégiés de la nation ne sont non seulement issus de milieux déjà privilégiés, mais ils confortent leurs privilèges par une permanence de leur fonction, faisant d’eux des professionnels de la politique, des acteurs familiers du vedettariat médiatique dont nul ne conteste plus la longévité pourtant suspecte. Pourquoi ces représentants du peuple sont-ils à ce point gourmands de leurs fonctions, sinon que grâce aux privilèges que leur confère un train de vie princier ?

Qu’ils soient « de droite », « de gauche » ou d’ailleurs, quels qu’ils soient, ces acteurs politiques s’engagent avec une frénésie telle qu’ils consacrent volontiers une vie entière à la « cause du peuple ». À tel point que, ne maîtrisant rien d’autre que la manipulation des foules par une rhétorique éprouvée, ces animaux politiques conçoivent la délégation politique comme un métier, une expertise qui ne peut être exercée que par des spécialistes de la question, des élites qu’on ne saurait remplacer par des roturiers des bas étages. Il s’agit donc d’une nécessité absolue de maintenir ces élites dans des fonctions que nul ne pourrait remplacer avec l’efficacité voulue, au risque de menacer directement le fonctionnement des institutions, et même de la République. Pour ne citer que lui, exemple quasiment caricatural du « métier », Jean-Luc Mélenchon constitue l’archétype du professionnel de la politique. Faisant ses premiers pas d’activiste trotskiste lors des événements contestataires de mai 1968, il suit un cheminement politique classique qui va du militantisme de l’UNEF au Parti socialiste pour recevoir de nombreux mandats parmi lesquels celui de conseiller municipal, conseiller général, sénateur – le plus jeune de la République en 1986 – et parlementaire européen. Il ne manque plus que son mandat de président de la République !

Le clan Mélenchon est constitué d’un noyau de collaborateurs si proches qu’il se mêle souvent aux liens familiaux. Le népotisme étant la garantie d’une fidélité à toutes épreuves, il n’est pas très facile d’approcher ce dieu de la politique sans risquer de s’y piquer. Cette stratégie n'est pas très éloignée de celle du clan Le Pen, avec la discrétion en plus. Franc-maçon fidèle au Parti socialiste durant 37 ans, il vitupère contre François Hollande… et appelle finalement à son élection en 2012. Gageons qu'il n'hésitera pas à recommencer sa duperie pour 2017. Le chef de file des « insoumis » ne tolère que des fidèles… soumis. Mais c’est surtout son discours trompeur, une caractéristique de la démocratie qui lui est chère, qui révèle un être calculateur au point d'éconduire sa propre cohorte de militants. Quand au sein de son « Parti de gauche », la critique de la démocratie interne au parti reçoit une fin de non-recevoir, perdant ainsi l’essentiel des militants qui y croyaient, celui-ci se dit aujourd’hui au-dessus des partis, même du sien. Seul, quoique béatifié par ledit Parti de gauche… et le Parti communiste pourtant très controversé quant à sa candidature1, Jean-Luc Mélenchon s’apprête cette fois à mentir avec plus de finesse encore que ses concurrents de gauche, de droite évidemment et, bien entendu, du Front national. Le mensonge et les gesticulations étant le propre de ces clowns des médias, comment peut-on offrir le moindre crédit non à des professionnels de la politique, mais à des comédiens adulés, versés dans l’art des promesses que nul homme politique n’a jamais tenu. Et c’est un illustre membre de la caste socialiste, François Hollande, qui couronne le mensonge comme ultime droit des élites à se moquer du peuple. Hollande, Mélenchon, Macron, Juppé, Sarkozy, Le Pen et consorts sont tous impliqués dans un système qui privilégie le message aux foules manipulables, se servant d’une démocratie qui n’est nullement le pouvoir du peuple, mais le pouvoir d’une élite qui reçoit le consentement indu d’individus aveuglés. Déjà, l’illustre philosophe Alain estimait que seul l’individu pouvait faire la part des choses. La foule ne pense pas ! De même, il suffit de se référer à la sagesse de Platon pour démasquer ces tromperies : la comédie politique médiatique constitue un leurre auquel personne n’échappe. Celui qui a le malheur de révéler la Vérité sera blâmé, injurié, battu et condamné. Gare à celui qui ose la vérité !

Il est possible de se soustraire de l’influence médiatique pour découvrir la Vérité. Le premier geste à faire est de jeter aux ordures le véhicule du mensonge, la télévision et tous les médias qui procèdent des mêmes méthodes, pour se rendre compte dans un premier temps du pouvoir irrépressible des médias sur notre mode de vie. S’apercevoir soudain que la vie n’est pas faite que d’humiliations gratuites, de vulgarités, de propos superficiels et mensongers, de violences incessantes et de fictions très éloignées de la réalité humaine, change radicalement la perception d’une vie dont on se fait l’architecte, le penseur et finalement l’acteur. Bien entendu, il ne suffit pas de se délester du poids d’une pensée préconçue qui s’assure de l’aliénation des masses, mais, débarrassé enfin d’un instrument de persuasion hypnotique, le temps libéré permet de donner libre cours à un individu qui se fait dès lors responsable de sa propre vie. Il ne s’agit plus de se laisser vivre, cédant à des pouvoirs intéressés l’opportunité d’un sens qui n’est que le leur, mais de construire pour soi une vie libérée de la pression consumériste pour enfin se consacrer pleinement à son corps et à son esprit. Si la politique, telle quelle se conçoit à travers une démocratie somme toute oligarchique, ne consiste qu’à former des foules pour les opposer dans un pseudo-affrontement idéologique, l’individu est ignoré et ses intérêts sont systématiquement bafoués pour l’obliger à s’allier nécessairement à une pensée majoritaire qui n’est jamais la sienne. C’est ainsi que le peuple n’aura jamais droit à la parole, quel que soit le maître de son choix, mais, convaincu que l’élection constitue le seul acte de protestation qui lui est laissé, il cédera à son devoir citoyen et restera spectateur de sa déchéance. Si le peuple, chacun d’entre nous à titre tout à fait individuel, nous nous opposons à la comédie électorale en nous abstenant, nous exercerions un véritable pouvoir que les oligarques seraient contraints de considérer. Nous saurions dès cet instant qui détient véritablement le pouvoir.  

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1 Aux dernières nouvelles, le soutien de Pierre Laurent pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon ne serait pas suivi par les cadres du parti communiste et semble fortement compromis pour les militants qui n'en veulent pas.

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