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Depuis plusieurs mois déjà, nous avons décidé de ne plus faire évoluer le site www.novorga.fr, constatant que la société n'est pas prête à se confronter aux crues réalités de sa condition. Aveuglés par un environnement médiatique et culturel qui empêche toute réflexion critique, les travailleurs-consommateurs se vouent sans retenue à leur servitude insensée, se posant leurs propres chaînes sans oser affronter les causes de leur misère.

Notre espoir se fonde désormais sur les conséquences catastrophiques qui nous fracasseront à très brève échéance contre les murs politiques, économiques et environnementaux, impasses qui ouvriront, tardivement certes, les yeux d'une société aux abois. Il ne nous semble donc plus nécessaire de nous exprimer tel un Don Quichotte vertueux. Le cataclysme proche fera son œuvre.

Dans les jours à venir, nous mettrons fin définitivement aux publications de notre site. Nous remercions les rares intervenants qui nous ont soutenu dans cette aventure et les invitons à rester vigilants et à poursuivre leur lutte contre les pouvoirs.

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L’actuelle campagne des élections présidentielles montre dans toute sa splendeur les incohérences, les failles, les tromperies d’un système politique, inspiré de la République de la Rome antique et taillé selon les aspirations de leurs prétendants. Avant même de prendre leurs fonctions tant convoitées, les candidats de la honte illustrent leurs ambitions par toutes sortes de scandales, ourdis par un pouvoir qui mène le jeu : les médias. Quelle que soit leur obédience, ce sont bien les médias – la presse, la radio, la télévision – qui font campagne selon les orientations politiques de leurs propriétaires. Les candidats, eux, ne sont que des marionnettes qui agissent et réagissent selon les attaques qu’ils subissent et qui animent une campagne tout orientée sur les scandales. Qu’ils soient de « gauche », de « droite » ou d’ailleurs, ces médias exercent un pouvoir illégitime qui fait obstacle à la démocratie, le pouvoir censé appartenir au peuple. Il ne s’agit nullement de débattre sur le plan politique, c’est-à-dire aborder les sujets pour lesquels les électeurs se détermineront le jour du vote, mais d’amuser des spectateurs selon la méthode éprouvée du spectacle médiatique, destiné à vider les esprits pour les conduire vers le néant et la superficialité. Cette stratégie est essentielle et montre ses premiers succès en ce qu’elle préétablit une préférence médiatique d’Emmanuel Macron, le poulain de l’oligarchie économique et financière, comme seul prétendant « expérimenté », « sérieux » et… « jeune ». Une véritable analyse politique de la part des électeurs réduirait à néant toute chance du candidat de l’oligarchie à gravir les marches du palais de l’Élysée. Même si on devine déjà le résultat de ces élections, le secret de l’isoloir peut néanmoins bouleverser cette stratégie. L’abstention aussi.

Alors qu’il était de bon ton de confronter durant les campagnes politiques les idées et les programmes pour ne tromper le peuple que plus tard, quand il fut trop tard et que la tromperie perdurait alors le temps d’un septennat devenu quinquennat, les scandales n’attendent plus les fameux cent jours que laissent les médias au nouveau représentant de la République française pour lui permettre de s’affirmer. Comme pour clamer l’indécence d’un pouvoir qu’osent briguer certains candidats maladroits, désignés comme indignes de leur prétention, les médias, en réalité leurs influents propriétaires, font le choix de leur homme de confiance et réduisent une démocratie d’apparat en dictature de l’opinion. Le statut privilégié des candidats, des guignols parvenus qui n’auront pourtant jamais ce pouvoir que détiennent seuls leurs maîtres, les distinguent déjà comme une classe sociale qui se doit d’être aisée pour se mettre au service des plus riches possédants. Mais le poids de l’oligarchie s’est considérablement alourdi par l’élargissement du champ économique au niveau de la Communauté européenne, poids que ne peuvent supporter même des candidats qui se donnent des airs révolutionnaires et qui n’ont de révolutionnaire qu’une rhétorique charmeuse et dépouillée de toute réalité politique. Pas un seul candidat se saisit avec conviction de la réalité du référendum de 2005 qui a révélé, par 54,67 % des voix des électeurs avec une participation de… 69,37 %, l’opposition majoritaire à la Constitution européenne. Alors qu’en 2005 les citoyens très concernés avaient déjà pressenti les coups fourrés d’une organisation supra-nationale, d’intérêts purement économique et financière, aujourd’hui, l’admiration des électeurs critiques va vers la nation britannique, elle qui ose la souveraineté nationale et qui semble déjà en profiter. Tandis que les médias soufflent une catastrophe économique qui tarde à se confirmer, cette majorité d’électeurs a sans doute compris que le principe même de l’élection n’est qu’une fourberie destinée à masquer d’un voile démocratique ce qui n’est qu’une fanfaronnade. Pire, au lieu de corriger le tir d’une politique qui se veut au service du bien commun, nos élites ne cachent même plus leurs ambitions politiques personnelles qui consistent à miser sur le meilleur cheval, Emmanuel Macron, pour recueillir en retour un poste de responsabilité dans le cadre d’institutions confortables et peu contraignantes. Quand une portion toujours croissante de chômeurs, de travailleurs précaires, de retraités, de pauvres et autres travailleurs qui ne remercient ni les ministres successifs pour leurs lois dites Rebsamen, Macron et Khomri, ni les syndicats complices, ni tous ces gouvernants qui ne sont capables que du pire ; quand ces électeurs font alliance implicite avec les déçus du référendum de 2005, comment s’étonner d’un détournement massif des citoyens pour des institutions qui ne servent que les intérêts des plus nantis ?

Quel que soit le résultat des élections présidentielles, l’heureux élu ne disposera que de la légitimité que veulent bien lui concéder les médias. S’il est élu, même avec une « confortable majorité », il ne le sera que dans le cadre très particulier d’une abstention probablement très forte qui lui disputera dès lors un pouvoir que la démocratie, c’est-à-dire la souveraineté exercée par le peuple, devrait lui refuser. Si le courage d’une nation, fière de son histoire, devait révéler l’évolution d’un système politique déjà proche de son effondrement, alors la démocratie, la vraie, pourrait s’imposer comme un obstacle efficace contre l’activisme ploutocratique. Mais quelle que soit l’évolution politique des temps prochains, il est certain que cette évolution sera explosive, car même si le peuple n’est pas à la manœuvre et continue à se laisser bercer par les mensonges des médias, la précarité sociale imposera ses règles pour des classes sociales qui n’ont plus rien à perdre, et ces classes sociales s’imposeront irrémédiablement vers un pouvoir que rien ne pourra plus arrêter, ni même les traditionnelles combines politiques.

Bien entendu, certains partis politiques ultra-minoritaires s’opposent farouchement, parfois avec un certain succès, à l’emprise des institutions européennes sur la souveraineté des nations. Quand un ambitieux François Asselineau (Union Populaire Républicaine) fait son chemin, sur la trace d’un outsider expérimenté comme Nicolas Dupont-Aignan (Debout La France), candidats de droite qui font feu de tout bois et suivis par une kyrielle de micro-partis de gauche (PARDEM, MRC, PRCF, POI et bien d’autres), ces élites en devenir ne font que reproduire avec leur conception propre un système politique qui ne dépend non de la volonté du peuple à déterminer son avenir, mais du succès d’une construction idéologique, bâtie au sein d’une organisation politique hiérarchisée. De démocratie nulle trace. Non seulement tous ces révolutionnaires, de droite ou de gauche, qui se targuent de ne plus participer au clivage politique artificiel, reposent leur programme sur un système qui rend caduc tout espoir d’un bouleversement pour installer une véritable démocratie, mais par leur participation à toutes les élections de la République, ils s’engagent dans une voie politique qui n’aboutit forcément qu’au mensonge et à la désillusion. Il ne s’agit pas d’incriminer les dirigeants politiques de ces formations comme des rapaces avides de pouvoir (quoique…), mais l’être humain étant fragile, tout système politique qui se fonde sur un principe hiérarchique, intronisant au sommet de la pyramide une sorte de guide suprême, soit est soumis aux exigences de forces opposées, souvent bien plus puissants et déterminés, soit poursuit son œuvre de confiscation de la démocratie… en en vantant ses mérites. L’espoir d’un quelconque renouveau politique par ces formations, qui laisserait véritablement la parole au peuple, est donc réduit à néant, car la question de la démocratie n’y est jamais débattue, sinon que dans sa version républicaine, c’est-à-dire un système représentatif élitiste qui écarte le peuple des décisions qui le concernent.

L’argent étant le sang de notre société, l’oligarchie économique et financière n’a aucune peine à manipuler des dirigeants politiques, même ceux qui se font révolutionnaires. Elle ouvre d’ailleurs grand les bras à des pseudo-révolutionnaires comme Jean-Luc Mélenchon, pour lui céder une tribune médiatique servant d’exutoire au peuple trompé et qui se laisse d’ailleurs tromper pour, assoiffé d’un bonheur qu’il n’a jamais connu et qu’il ne connaîtra jamais, goûter inlassablement à la jouissance d’une révolte qui n’est que gesticulation spectaculaire. Tout ce débordement d’énergie politique est savamment régulé et canalisé pour finalement revenir au point de départ de conditions sociales catastrophiques, destinées à évoluer encore vers des inégalités sociales inouïes et confortant un capitalisme qui se doit de progresser, même si cette progression mène à son suicide. L’oligarchie économique et financière n’a aucune inquiétude à confier le pouvoir politique à quelque candidat qu’il soit, pourvu que ce candidat respecte la tradition républicaine faite d’élections manipulables et de référendums manipulés. Il ne s’agit donc pas de miser ses espoirs sur un quelconque personnage providentiel qui, tel l’illustre Charles de Gaulle, se saisirait de sa responsabilité politique pour servir véritablement les intérêts de la France, mais d’établir un système politique qui fasse intervenir au-devant de la scène le peuple tout entier dans le cadre d’une démocratie qui se fonde sur des principes constitutionnels nouveaux. Des règles incontournables tels l’élection pour un temps court de mandataires pour une fonction déterminée, même au niveau national ; le tirage au sort qui doit devenir le principe fondateur d’une démocratie qui concerne chaque membre de la société ; la contrainte d’une révocation si le mandataire élu ne remplit pas sa mission, etc. Ces principes démocratiques doivent avoir pour objectif de ne plus faire reposer la justice sociale que sur les épaules d’un homme politique providentiel ou d’une caste d’élites, mais d’en faire la préoccupation citoyenne de chaque membre de la société pour qu’il s’engage avec passion dans les affaires de la nation. Cela suppose un bouleversement total des conditions de vie de la population, afin de permettre l’engagement politique dès le plus jeune âge en se détournant de la course économique. L’argent ne doit plus régner.

Nous ne récoltons que le fruit de notre incapacité à nous détacher d’un système politique, économique et social qui miroite des bénéfices pourtant inexistants. Lorsque nous nous laissons inspirer par des médias manipulateurs, leurs mirages reflètent une société utopique sans valeurs autres que la consommation compulsive. Irrésistiblement charmés par des désirs qui ne seront jamais assouvis par l’aliénation d’un travail insensé, la peur du vide, derrière une révolte qui impose de prendre le pouvoir, est un frein puissant à la libération sociale. Si le défi de l’abstention massive semble dessiner les mêmes risques qu’une révolte violente, il présente cependant l’avantage d’un choc sans victimes autres que les élites eux-mêmes. Nous citons volontiers Loïc Blondiaux, professeur de sciences politiques, qui affirme que le vote est ce qui consacre les élites. Sans le vote, ils ne sont rien ! Appliquons l’idée du romancier portugais José Saramago qui estimait que si les citoyens décidaient tous de ne plus voter, le système s’effondrerait d’un seul coup. N’y a-t-il pas là un véritable espoir pour un bouleversement politique qui rendrait au peuple son pouvoir… à condition qu’il s’en empare.

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