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Depuis plusieurs mois déjà, nous avons décidé de ne plus faire évoluer le site www.novorga.fr, constatant que la société n'est pas prête à se confronter aux crues réalités de sa condition. Aveuglés par un environnement médiatique et culturel qui empêche toute réflexion critique, les travailleurs-consommateurs se vouent sans retenue à leur servitude insensée, se posant leurs propres chaînes sans oser affronter les causes de leur misère.

Notre espoir se fonde désormais sur les conséquences catastrophiques qui nous fracasseront à très brève échéance contre les murs politiques, économiques et environnementaux, impasses qui ouvriront, tardivement certes, les yeux d'une société aux abois. Il ne nous semble donc plus nécessaire de nous exprimer tel un Don Quichotte vertueux. Le cataclysme proche fera son œuvre.

Dans les jours à venir, nous mettrons fin définitivement aux publications de notre site. Nous remercions les rares intervenants qui nous ont soutenu dans cette aventure et les invitons à rester vigilants et à poursuivre leur lutte contre les pouvoirs.

Merci !

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Ce sont les vainqueurs d’une société soumise à l’ordre républicain qui imposent non une politique de justice sociale, mais une violence autoritaire qui se révèle aujourd’hui sous ses lumières les plus cruelles. Si les « propositions » du candidat Macron ont annoncé sans ambage une orientation politique faite de sacrifices que même les prédécesseurs et les prétendants les plus répressifs n’ont jamais osé envisager, c’est bien grâce aux manœuvres de communication des médias, aidé par des téléspectateurs acquis au jeu de l’enthousiasme politique, que le pouvoir peut renverser la table à sa manière. Si ces spectateurs n’ont pas compris qu’ils acclament leur bourreau, ils le comprendront – peut-être – lorsqu’ils se verront contraints de se soumettre au nouvel ordre social. Car nous assistons bien à une remise en cause d’un contrat social qui, quoique déjà injuste et déséquilibré, avait le mérite de perdurer dans une sorte de quiétude maîtrisée. Alors que les apparences d’une adhésion politique, mises en scène par des médias aux ordres de l’oligarchie européiste, font croire qu’une nouvelle société renaît soudainement pour rebâtir un pays épuisé par ses sacrifices, le combat entre possédants et esclaves de la République prend une tournure intéressante, marquée par des contradictions extrêmes. Quelles sont les raisons de cet extrémisme politique, sinon que la bête européenne est assoiffée du sang des peuples, tandis que ces peuples pourraient, malgré les pressions politiques, renoncer à se faire vider de leur substance. Cette substance, imprégnée du besoin d’autonomie, de liberté, de démocratie, ne saurait s’abandonner aux exigences autocratiques des pouvoirs.

Si les leurres médiatiques ne trompent que les électeurs, ignorants des véritables intentions de l’aristocratie politique, ils ne pourront jamais tromper les abstentionnistes et les contestataires de tous bords qui savent qu’ils ont perdu une longue bataille politique. Les blessures indélébiles que ne peuvent plus cacher les chômeurs, les travailleurs précaires, les retraités pauvres, les jeunes sans avenir, sont autant de marques d’un pouvoir qui s’apprête à marcher sur ces hordes impuissantes qui se sont laissé torturer durant des décennies. Alors que les fidèles d’un demi-dieu révolutionnaire font paraître l’image d’une gloire politique, à l’heure où les dirigeants européens organisent la fuite en avant d’une Union européenne contestée, Emmanuel Macron est présenté par les médias comme un chef international d’envergure. Sauf que l’envergure de cette marionnette ne peut égaler celle des véritables maîtres de notre monde, à savoir le ploutocrate Donald Trump et le stratège Vladimir Poutine. Si ces dictateurs démocratiques exercent véritablement un pouvoir devant lequel les pays européens ne peuvent que s’agenouiller, l’Union européenne ne peut davantage peser quand elle n’a d’union qu’un carcan politique contesté par des peuples exsangues. Et ce n’est certainement pas l’affichage artificiel d’un nouveau président français « jeune et beau », aux manettes d’une Europe qui cherche à se relancer, qui permettra de crédibiliser une marche forcée des peuples pour se conformer aux lois de la mondialisation. Le nouvel ordre mondial, qui impose notre nouvel ordre social en France, ne saurait imposer les exigences d’un capitalisme aux faîtes de sa gloire, sans se heurter à la colère des peuples qui n’en bénéficient pas. Tandis que brûle la Grèce et que les foyers incandescents ne cessent de détruire ce qu’il reste d’une société agonisante, la France est vouée à l’examen d’une épreuve semblable qui, si elle se conclue par un succès des pouvoirs répressifs, signifiera la soumission totale des autres pays de l’Union européenne pour permettre l’édification d’un empire dont l’objectif est de s’opposer efficacement à la Russie renaissante, partenaire d’une Chine bien encombrante.

Sauf que le ploutocrate Trump bouscule considérablement les plans posés de longue date entre dirigeants de l’Union européenne et dirigeants des États-Unis. Trump ne veut plus poursuivre l’œuvre d’une superpuissance qui soutient militairement son allié pour s’opposer à la Russie « menaçante ». Il oblige donc l’Union européenne à construire son autonomie militaire et se fait même l’interlocuteur privilégié et direct d’un partenaire russe satisfait du rapprochement. De fait, le maître Trump est érigé en Satan des temps modernes, un fou qui menacerait la démocratie de son pays et la paix dans le monde. Et les téléspectateurs se font dès lors plus inquiets, à l’heure où, curieusement, les relations Est-Ouest ont tendance à s’apaiser, tandis qu’ils regrettent le pouvoir de Barack Obama, cet homme qui a exacerbé les tensions aux frontières de la Russie, cernée par les missiles de l’OTAN ! On comprend bien que les contradictions, même lorsqu’elles se profilent dans un cadre géopolitique, ne peuvent plus soutenir une réalité qui s’interpose aux objectifs des dirigeants de l’Union européenne. Croire, dans cette configuration iconoclaste, que le « tandem » franco-allemand, soi-disant renforcé par un président français ouvertement européiste, puisse relancer l’ambition d’un empire pour se hisser sur la scène commerciale mondiale, c’est croire en même temps que Macron serait capable, par son programme répressif, de renouer avec la croissance en France.

La construction de cette Europe capitaliste prenant, au sens propre, les armes de la conquête commerciale signifie non seulement un retour à la course à l’armement de nains politiques et commerciaux entraînés par la puissante Allemagne, mais présente le risque évident de décevoir les classes sociales qui devaient en bénéficier. Les effets pervers d’une mondialisation néo-libérale à laquelle s’enchaîne la France ne concernent pour l’instant que les classes sociales inférieures, silencieuses et paralysées, car orphelines d’organisations révolutionnaires qui porteraient efficacement leur colère. Mais si à son tour, la classe moyenne constate s’être trompée, car devant elle aussi céder aux affres de la délocalisation, du déclassement et du dumping social, notre conducator, quoique « jeune et beau », n’aura d’autre recours que d’user de la force pour refréner un bouillonnement généralisé. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’on mesurera avec justesse une violence sociale latente, masquée par une communication médiatique tous azimuts, et qui révélera sa brutalité par l’intransigeance d’un capitalisme qui ne sert pas les peuples, mais une poignée d’oligarques suffisamment puissants pour mener des guerres et asservir les travailleurs. On a déjà oublié les nombreux travailleurs, qui, fracassés contre les murs de l’impasse sociale, n’ont pas su échapper à la violence des entreprises en mettant fin à leurs jours. Ce sont plus particulièrement des cadres désespérés, tenants de la classe dite moyenne, qui ont fait la une de la presse, cette dernière s’étant montrée scandalisée par le comportement de certains dirigeants qui ne tiennent pas compte des aspects humains de leurs « ressources ». Il s’agissait alors de pointer des situations dramatiques pour les condamner sans pour autant remettre en cause les origines de cette souffrance : la compétition mondialisée en marche. Aujourd’hui, les suicides sont toujours d’actualité. Sauf qu’ils sont méconnus et invisibles, car la presse ne s’en fait plus l’écho. On ne saurait indéfiniment pointer les déviances d’un système économique et social, même si elles génèrent de la souffrance humaine. Mais qui peut consoler les familles endeuillées pour l’éternité ? Qui leur rendra leur mari ? leur père ? leur enfant ? Emmanuel Macron ?

Si d’aucuns estiment que la politique consiste à tergiverser sur le sexe des anges, ils sont les pures victimes d’une médiatisation de la politique comme sujet de débat sans fin à l‘intention des candidats en compétition. Ils oublient en même temps que la politique constitue le seul sujet qui devrait intéresser tous les membres de la société en tant qu’acteur et non en tant que spectateur. Se faire l’acteur de la politique, ce n’est pas se rendre aux urnes pour accomplir « son devoir citoyen ». La médiatisation de la politique comme divertissement accessoire permet de la rendre moins violente en cachant les véritables enjeux de la politique, ceux consistant à former la société selon les décisions d’un peuple conscient et instruit. La substitution du spectacle politique permet ainsi aux membres de la caste politique de se réserver un sujet dont ils se déclarent experts. Cette pseudo-expertise leur confère une légitimité pour s'approprier un pouvoir dont se soustrait le peuple en tant que souverain des décisions politiques. Il est ainsi plus confortable pour les professionnels de la politique de faire le spectacle au lieu de se confronter aux véritables sujets de société qui risquent d’impliquer les électeurs. Mais nous n’en sommes même plus à ce stade de la réflexion. Toute la campagne législative a montré, devant le raz-de-marée vraisemblable des thuriféraires d’Emmanuel Macron, que les candidats traditionnels, professionnels de la politique, n’ont plus qu’une seule obsession, celle de défendre leur place en se ralliant à la cour du monarque au pouvoir, qu’ils soient de droite, de gauche ou d’ailleurs. Quelle opportunité que cette confusion idéologique ! Les combines et les manipulations fusent, tandis que les électeurs se pressent aux urnes, quasiment pour les mêmes raisons, celles de sauver leur peau.

Préparant la réponse à la contestation syndicale d’une mise au pas des travailleurs, Emmanuel Macron n’a rien à craindre pour la mise en œuvre de son programme présidentiel. Si Philippe Martinez s’étonne de la stratégie du chef de l’État, celle « d’avancer masqué », c’est qu’il n’a pas compris ou qu’il fait mine de ne pas comprendre qu’il n’y a pas d’autre alternative pour le pouvoir qu’une mise à sac du code du travail. Dès lors, notre syndicaliste réformiste est confronté à un double problème qui consiste d’une part à gonfler ses troupes pour crédibiliser son pouvoir syndical, tout en ne les poussant pas trop aux extrêmes, craignant de se voir affubler d’incendiaire de la « démocratie ». Or, la violence qui s’exprime déjà à l’endroit des travailleurs ne peut supporter d’autres réponses qu’une violence plus forte encore. L’espoir d’une contestation efficace ne peut se passer de pressions capables de renverser un pouvoir autoritaire. C’est véritablement faire de la politique que de s’opposer avec la même violence qu’impose ce pouvoir. Malheureusement, le scénario qui se profile est cousu de fil blanc. Tandis que les médias condamneront fermement les « casseurs », préparant « l’opinion » à se scandaliser des dégradations faites au mobilier urbain, les syndicats traditionnels se montreront plus « responsables » en défilant sagement avec leur service d’ordre. Ce n’est qu’une question de temps pour faire surgir progressivement des manifestations « spontanées » servant à clamer le ras-le-bol du désordre et soutenant la seule voie raisonnable d’un pouvoir qui ne nous veut que du bien, celui d’Emmanuel Macron. Or, nous considérons que le seul désordre à combattre est celui qui organise la violence au travail et dans la société. Aucune police, aucune force militaire autre que le peuple lui-même ne peut établir un ordre assis sur les lois de la démocratie. Si le peuple ne répond pas aux violences d’un pouvoir oppressant, il consent à dévoyer le seul système politique qui puisse véritablement instaurer la justice, l’égalité et la liberté. C’est tout cela que nous cachent les pouvoirs en affichant la politique comme un sujet de spectacle. Ne nous laissons pas éconduire.

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