Glossaire

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aliénation

La notion d'aliénation est généralement comprise comme la dépossession de l'individu, c'est-à-dire la perte de sa maîtrise, de ses forces propres au profit d'un autre individu, d'un groupe ou de la société en général.

Il renvoie ainsi fréquemment à l'idée d'une inauthenticité de l'existence vécue par l'individu aliéné.

chose publique

La chose publique est un concept qui se réfère à un État gouverné pour le bien du peuple, par opposition à un État gouverné en fonction du bien privé des membres d'une classe sociale.

Chose publique est la traduction du latin res publicae, qui est à l'origine du mot République. Dans res publicae, res signifie chose, sujet, affaire, occupation, et publicae dérive de poplicus qui signifie en rapport avec le peuple.

consumérisme

Jean De Munck, sociologue et professeur à l'université catholique de Louvain, pose la question « Qu'est-ce que le consumérisme ? Le consumérisme désigne autre chose que la consommation... Le suffixe « -isme » précise la notion de consommation par deux connotations enchevêtrées. Ce suffixe attire d'abord l'attention sur le fait que le phénomène bio-économique de la consommation est culturellement surdéterminé. On ne passe de la consommation au consumérisme qu'en ajoutant des dimensions symboliques à la dimension bio-économique de la consommation. 

On désigne par « consumérisme » un mode de vie, des normes et standards de désir légitime de la vie réussie... Il s'agit d'un mode de consommation individualiste, dépendant du marché, quantitativement insatiable, envahissant, hédoniste, axé sur la nouveauté, faisant usage des signes autant que des choses ».

Francis Bacon

Francis Bacon, né le 22 janvier 1561 à Londres et mort à Highgate en 1626, baron de Verulam, vicomte de St Albans, Chancelier d’Angleterre, est un scientifique et philosophe anglais. Francis Bacon développe dans son œuvre le De dignitate et augmentis scientiarumn une théorie empiriste de la connaissance, et il précise les règles de la méthode expérimentale dans le Novum Organum, ce qui fait de lui l’un des pionniers de la pensée scientifique moderne. 

idéologie

Une idéologie est un système prédéfini d'idées, à partir desquelles la réalité est analysée, par opposition à une connaissance intuitive de la réalité perçue. De tels systèmes, considérés comme idéologiques, existent dans les domaines politique, social, économique et religieux.

Une idéologie est souvent la dimension culturelle d'une institution sociale ou d'un système de pouvoir.

institution

Le terme institution désigne une structure d'origine coutumière ou légale constituée d'un ensemble de règles destinées à organiser une société ou un État.

L'institution résulte d'un régime politique. Elle est mise en place par la Constitution, les lois, les règlements, les traditions. 

Milton Friedman

Milton Friedman est un économiste américain né le 31 juillet 1912 à New York et mort le 16 novembre 2006 à San Francisco, considéré comme l'un des économistes les plus influents du XXe siècle. Titulaire du « Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel » en 1976 pour ses travaux sur « l'analyse de la consommation, l'histoire monétaire et la démonstration de la complexité des politiques de stabilisation », il a été un ardent défenseur du libéralisme.

Il a travaillé sur des domaines de recherche aussi bien théorique qu'appliquée, il fut à l'origine du courant monétariste ainsi que le fondateur de l'École de Chicago. Il est également un commentateur politique et essayiste à succès.

Deux de ses œuvres ont particulièrement touché le grand public : d'abord son livre Capitalisme et liberté publié en 1962 puis sa série d'interventions télévisées réalisées en 1980 intitulée Free to Choose (en français La Liberté du choix). Dans Capitalisme et liberté, il explique sa théorie selon laquelle la réduction du rôle de l'État dans une économie de marché est le seul moyen d'atteindre la liberté politique et économique. Plus tard, dans La Liberté du choix, Friedman cherche à démontrer la supériorité du libéralisme économique sur les autres systèmes économiques.

Milton Friedman a inauguré une pensée économique d'inspiration libérale dont les prescriptions s'opposent de front à celle du keynésianisme. En réponse à la fonction de consommation keynésienne, il développa la théorie du revenu permanent. Avec cette théorie et l'introduction du taux de chômage naturel, Friedman remet en cause le bien-fondé des politiques de relance qui, pour lui, ne peuvent que provoquer de l'inflation contre laquelle il faut lutter. À cette fin, il proposa l'instauration d'un taux constant de croissance de la masse monétaire. Enfin, il réalise un apport important au droit de la concurrence moderne, « chaque décision de l'Autorité de la concurrence, des Cours d'appel ou de la Commission européenne mettant indirectement en balance ses idées ».

Ses idées se diffusèrent progressivement et furent prises en compte par les milieux politiques dans les années 1980, influençant profondément les mouvements conservateurs et libertariens américains. Ses idées sur le monétarisme, la fiscalité, les privatisations et la dérèglementation ont directement ou indirectement inspiré les politiques économiques de nombreux gouvernements à travers le monde, notamment ceux de Ronald Reagan aux États-Unis, de Margaret Thatcher au Royaume-Uni, d'Augusto Pinochet au Chili, de Mart Laar en Estonie, de Davíð Oddsson en Islande et de Brian Mulroney au Canada. 

nation

Dans Démocratie, histoire d'un mot, Francis Dupuis-Déri définit la nation comme un « sujet politique collectif », censé couvrir toutes les strates de la population à travers sa représentation au parlement. Bien entendu, la strate du peuple, celle qui se soumet à l'aliénation du travail, celle qui réclame véritablement la liberté, l'égalité et la fraternité, mais qui subit le pouvoir, celle enfin qui ne se mêle pas de politique, cette strate n'est absolument pas représentée.

L'intégration du peuple à la notion abstraite de nation permet à ses représentants, majoritairement riches ou au moins aisés, de faire croire en la diversité d'une représentation qui fonde la démocratie. Les mots ayant toute leur importance en politique, s'agissant de vulgariser des notions dont on reprend volontiers le sens pour le transformer, le terme de nation est souvent confondu avec le peuple, ce qui est une aberration.

oligarchie

La thématique de l'oligarchie comme forme ordinaire de la coopération/compétition intra-partisane remonte à l'ouvrage de Roberto Michels, Les Partis politiques, publié en 1911, qui, à partir de l'exemple de la sociale-démocratie allemande, entendit établir qu'aucun parti ne pouvait prétendre être une démocratie : « L'organisation est la source d'où naît la domination des élus sur les électeurs, des mandataires sur les mandants, des délégués sur ceux qui délèguent. Qui dit organisation dit tendance à l'oligarchie. »

Un parti fondé pour défendre une cause et poursuivre un objectif politique tend à devenir une fin en soi fonctionnant au profit de l'oligarchie qui s'en est approprié la direction. La perpétuation de l'organisation pour elle-même devient plus importante que la recherche des buts visés. En effet, les études statistiques montrent que plus on monte dans les hiérarchies partisanes (sauf politique volontariste de quotas), plus la sélection des dirigeants aboutit à la minoration de certaines catégories (femmes, jeunes, classes populares, faiblement diplômés, nationaux d'origine étrangère).

peuple

Quand certains relais de l'oligarchie médiatique protestent contre un usage du terme peuple qu'ils estiment impropre, c'est pour mieux ignorer que celui-ci ne désigne en réalité que les classes dominées, celles qui subissent l'aliénation du travail, la précarité, le chômage et qui n'ont jamais leur mot à dire sinon au moment des élections, une farce destinée à justifier la notion tout aussi erronée de démocratie.

Les possédants, les puissants, ceux qui dictent la conduite à des individus dont on cherche à se protéger, car menaçant l'ordre républicain, ces « gens de bien » ne sauraient être confondus avec le peuple et s'en distinguent par le terme nation, bien plus noble et cependant suffisamment abstrait pour semer la confusion.

Le peuple est soigneusement mis à l'écart des rouages de la démocratie. On ne lui accorde que le droit de choisir ses représentants en lui refusant l'exercice d'une véritable délégation. Tout le système « démocratique » est ainsi verrouillé de manière à maintenir l'ordre bourgeois, celui préconisé par d'illustres penseurs, des opposants acharnés du pouvoir populaire, préférant la domination par un groupe réduit d'élites.

principes démocratiques

Trois principes se dégagent pour former la démocratie :

  • l'égalité civique : la démocratie exige l'égalité des citoyens devant la loi. C'est ce qu'on entend par l’État de droit.
  • la séparation des pouvoirs : elle assure les libertés démocratiques par une division des pouvoirs en trois : le pouvoir de créer des lois (législatif), le pouvoir de les appliquer (l'exécutif) et le pouvoir de les faire respecter (judiciaire). Le contrôle de ces pouvoirs est exercé par le Conseil constitutionnel.
  • le pluralisme politique : la vie politique est organisée de façon à permettre l'expression libre de toutes les opinions. Le pluralisme s'exprime par la tenue d'élections au cours desquelles le peuple élit ses représentants. C'est le système de la démocratie représentative.
prolétarisation

La prolétarisation est la dépossession du savoir-faire du travailleur par une division fine du travail. Le travailleur étant privé de la propriété des moyens de production, il cède son indépendance pour s'insérer dans une collectivité de travail organisé. L'organisation parcellaire de ce travail permet une rationalisation de la production, mais le travailleur n'est plus qu'une partie du système.

Dépersonnalisé dans l'acte même du travail, il est condamné à n'être qu'un rouage dans le processus de production. La pression que lui fait subir ce système provient d'une dépendance forte d'un salaire perçu pour une tâche déterminée : l'emploi. Ne disposant plus que de son salaire pour vivre, le chômage, les baisses de salaire, les à-coups de la conjoncture sont autant de facteurs qui permettent au système capitaliste d'exercer la pression sur les travailleurs, que l'on qualifie dès lors comme des prolétaires.

rhétorique

La rhétorique est à la fois la science et l'art de l'action du discours sur les esprits. Le mot provient du latin rhetorica, emprunté au grec ancien ῥητορικὴ τέχνη (rhêtorikê tekhnê), qui se traduit par « technique, art oratoire ». La rhétorique peut être considérée comme une théorie de la parole efficace liée à une pratique oratoire.

Au-delà de cette définition générale, la rhétorique a connu au cours de son histoire une tension entre deux conceptions antagonistes, la rhétorique comme art de la persuasion et la rhétorique comme art de l'éloquence. La rhétorique grecque, telle qu'elle fut pratiquée par les sophistes et codifiée par Aristote, se préoccupait principalement de persuader.

Dans l'Antiquité romaine, se fait jour une nouvelle conception de la rhétorique comme art de bien dire « bene dicendi scientia » selon les mots de l'orateur romain Quintilien. À l'époque classique, la rhétorique s'étend à l'étude des textes écrits, et notamment aux textes littéraires et dramatiques, la conception romaine de la rhétorique l'emporte progressivement sur la conception grecque.

La rhétorique s'est ainsi progressivement restreinte à la stylistique c'est-à-dire à un inventaire de figures relevant des ornements du discours. Il en résulte une conception de la parole rhétorique qui se distingue de l'argumentation et de la dialectique par l'usage d'effets pathétiques et éthiques du discours sur le public. Contre cette évolution, l'école rhétorique contemporaine de Chaïm Perelman renoue avec la rhétorique grecque en proposant une « nouvelle rhétorique » qui est une théorie de l'argumentation.

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